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Texte scellé dans la première pierre de notre collège.

Ensuite, ils se sont regardés les uns les autres, ils se sont regardés et ils se sont reconnus, reconnus dans leur volonté de construire tous ensemble un monde sans cesse nouveau. Un monde fait de bonne volonté, fondé sur la conscience aigüe de l'éternelle misère de la condition humaine; un monde éclairé finalement par rien d'autre que par le seul amour de Dieu.


"Per augusta ad humanitatem"

Signifie littéralement : "Par des choses supérieures, vers l’humanité", et qui pourrait se décliner dans des formules du type : "appréhender les productions de l’esprit pour apporter sa pierre à l’humanité" , "se former pour comprendre et aider ses frères humains", "une formation solide au service des autres", ou encore "une intelligence forte pour un cœur ouvert et généreux".

Il n’y a pas de plus beau portique que la Connaissance pour rencontrer les autres, les connaître dans leur pensée, dans leur sensibilité, dans leur intimité.


Histoire de la fondation du Collège Saint-Hubert

Le collège Saint-Hubert fut officiellement fondé en 1953. C’est à cette date que la 6e latine accueillit ses premiers élèves dans une ancienne villa qui ressemblait plus à une ancienne demeure bourgeoise qu’à un établissement scolaire digne de ce nom. Pour certains, cette fondation devrait être replacée dans des circonstances plus générales : elle s’expliquerait notamment par le climat scolaire et social tendu de l’époque. Mais affirmer cela, c’est méconnaître les origines de cette entreprise.

Dans une lettre adressée à l’abbé Marlier, premier préfet du collège, le directeur de Saint-Boniface, l’abbé Jean Laloup, expliqua les péripéties qui précédèrent la création du nouvel établissement. Depuis la fin des années 30, selon l’abbé Laloup, l’institut Saint-Boniface, dirigé alors par l’abbé Aloïs Simon, envisageait de créer une annexe à Watermael-Boitsfort, commune encore rurale et verdoyante. Une demande officielle fut même introduite dans le courant du mois d’avril 1938, auprès de l’Archevêché de Malines. Mais le cardinal ne répondit jamais et la demande fut reportée aux calendes grecques.

La guerre vint pour un temps interrompre cet objectif. Mais au lendemain de la libération, l’abbé Van den Brouck, nouveau directeur de Saint-Boniface, relança l’idée. Dans ces temps difficiles d’immédiate après-guerre, les impératifs se situaient résolument ailleurs et le projet fut différé de quelques années. Il faudra attendre la rentrée de septembre 1951 pour que la direction reparle sérieusement de la création de cette annexe. Le directeur de Saint-Boniface invita l’abbé Marlier à réfléchir à cette idée. Et le 18 novembre de cette même année, les deux hommes se mirent d’accord pour mener à terme cette entreprise. Le lendemain, ils partirent à la recherche d’une propriété susceptible de répondre à leurs attentes. Entre-temps, il fallut informer Malines de ces tractations et demander l’autorisation officielle.

Le directeur de Saint-Boniface envoya donc au Vicaire général de l’enseignement un rapport exposant les motifs et objectifs poursuivis. Ce document datant du 28 septembre 1951, comprenait une description géographique et scolaire du secteur envisagé par le projet, en ce compris les buts et les modalités. Il s’agissait de créer, au cœur de ce secteur dépourvu de collège libre, une section d’humanités « qui ne ferait aucune concurrence à l’enseignement libre existant », « qui faciliterait la tâche des parents, astreints à des dépenses supplémentaires pour envoyer leur fils à Saint-Michel ou à Saint-Boniface ». Cette section devrait, au début, dépendre d’un collège afin de pouvoir profiter des subsides. Elle comprendrait, dès le départ, une 6e et une 5e latines, plus une 4e latine et une 6e moderne, si la possibilité se présentait. L’annexe serait étroitement liée à l’Institut Saint-Boniface, soumise aux mêmes règlements et contrôle spirituel, intellectuel, disciplinaire et matériel que la maison mère.

Mais le manque d’argent disponible obligea Malines à refuser pour un temps la création de cette nouvelle section. Cependant, au cours de l’année 1952, Saint-Boniface allait bénéficier d’une généreuse donation. L’abbé Laloup s’en explique : « Le 28 mai, jour de concours général, je reçois la visite de l’abbé Firmin Plissart qui m’annonce que le cardinal consent à mettre à ma disposition le million que son père défunt vient de léguer à l’archevêché pour l’érection d’un nouvel établissement d’enseignement moyen dans l’agglomération bruxelloise ».

L’affaire pouvait donc être relancée et, malgré certaines difficultés supplémentaires, Saint-Hubert ouvrit ses portes en septembre 1953. L’abbé Coenraets fut nommé titulaire de 6e latine. Cette première classe comptait 29 élèves. Ce chiffre semblait encourageant. Durant les vacances d’été, on avait construit des locaux pour deux classes, aménagé une chapelle, prévu les appartements des professeurs-prêtres, si bien qu’on pouvait dire qu’à la rentrée scolaire, la section Saint-Hubert était fondée.

Parents et élèves appréciaient beaucoup l’enseignement donné dans un cadre aussi attrayant et, dès les premiers jours, il fut clair que la section Saint-Hubert serait une réussite. Au mois de septembre suivant, on créa la 5e latine. Mais le manque de locaux commença à se faire sentir. C’est pourquoi, on força Malines à acquérir à un prix modique une villa située à côté de la section. Saint-Hubert commençait à grandir, et son extension irait toujours croissant.

En 1956, les premiers élèves rentrés en 1953 achevaient leur cycle inférieur. Comme prévu initialement, ils auraient dû terminer leur cursus secondaire à Saint-Boniface puisque Saint-Hubert, dans les projets de l’abbé

Laloup, devait rester une section d’humanités inférieures. Seulement les élèves et les parents espéraient bien voir s’ouvrir à Saint-Hubert le cycle supérieur. L’abbé Laloup refusa et les parents appelèrent Malines.

Cependant, afin de ne pas devoir agir dans la précipitation l’autorité diocésaine différa pour un temps la requête des parents de Saint-Hubert. Les parents étaient déçus, et comme l’attrait d’un collège unique avec section complète détermine fortement le choix d’une école, à la rentrée scolaire de 1956, le nombre d’inscriptions avait sensiblement diminué à Saint-Hubert.

En 1957, le cardinal Van Roey rencontra les aspirations des parents en autorisant l’ouverture du cycle supérieur. Un nouvel essor commençait. En 1959, suite à une demande paroissiale, Saint-Hubert prit en charge une section préparatoire située au 196 de l’avenue Van Horenbeek. C’était la possibilité d’assurer un recrutement efficace pour la section des humanités. Les fondateurs du collège tenaient beaucoup à ce que cette nouvelle section soit bâtie en dehors des humanités. On préféra deux collèges à taille humaine plutôt qu’un grand collège impersonnel.

En 1960, consécutivement à la création des primaires, sortaient les premiers rhétoriciens : leurs certificats d’humanités gréco-latines furent homologués sans réserve. Au mois de septembre s’ouvrait la première section moderne et on commençait la construction de 10 classes et d’une grande cour de récréation.


Classe de Rhétorique de 1959

Bientôt Saint-Hubert allait devenir indépendant : le directeur de Saint-Boniface ne pouvait plus raisonnablement gérer deux collèges de cette taille. Dans la revue de Saint-Boniface de 1962, la chanoine Grimmonprez s’en explique : "Depuis quelques mois, il apparaissait que l’avenir de Saint-hubert était assuré. Ayant atteint le nombre de 600 élèves, ce collège pouvait désormais vivre sur sa lancée, et il apparaissait souhaitable qu’un directeur y soit nommé pour présider désormais à ses destinées".

C’est l’abbé Attout, un ancien de Saint-Boniface et préfet de discipline à Saint-Louis, qui fut choisi par Malines pour exercer la charge de direction du collège récemment indépendant. Sa tâche ne devait pas être facile. Il fallait pouvoir imposer une certaine autorité et inculquer un certain esprit à une équipe assez soudée, très indépendante et qui, sous certains aspects, avait l’esprit un peu frondeur. Après une année d’observation l’abbé Attout prit certaine résolution impopulaires : il supprima notamment la rituelle fancy-fair pour la remplacer par une "garden party" plus B.C.B.G. et créa le fonds de soutien qui avait pour principe de faire appel à la générosité des parents. Cette création fut sans doute l’une des actions les plus clairvoyantes de ces années ’60.

En quelques années, un souffle nouveau avait pénétré le jeune collège. Il assumait pleinement son indépendance et, petit à petit, une réputation solide et sérieuse se constituait. Elle était basée sur la valeur des études et la sévérité de la discipline.

R. van Breugel
Directeur

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Collège Saint-Hubert Avenue Charle-Albert, 9 1170 Bruxelles tel : 02 660 19 40